screening
FILM
Paisà
Paisan
,
,
134’

“Dear Mr. Rossellini,

I saw your films Open City and Paisan, and enjoyed them very much. If you need a Swedish actress who speaks English very well, who has not forgotten her German, who is not very understandable in French, and who in Italian knows only ‘ti amo’, I am ready to come and make a film with you.”

Ingrid Bergman1

 

« Paisà, c’est ce film de Rossellini qui recèle le plus de secrets esthétiques. [...] Paisà est d’abord sans doute le premier film qui soit l’équivalent rigoureux d’un recueil de nouvelles [a collection of short stories]. Le premier épisode évoque le style de Faulkner, tel autre de Hemingway, tel autre de Steinbeck. [...] L’unité du récit cinématographique dans Paisà n’est pas le « plan », point de vue abstrait sur la réalité qu’on analyse, mais le « fait ». Fragment de réalité brute, en lui-même multiple et équivoque, dont le « sens » se dégage seulement a posteriori grâce à d'autres « faits » entre lesquels l'esprit établit des rapports. Sans doute le metteur en scène a bien choisi ces « faits », mais en respectant leur intégrité de « fait ». »

André Bazin2

 

« Si vous voulez, ce qui est réaliste dans Paisà, c’est la résistance italienne, mais ce qui est néo-réaliste, c’est la mise en scène de Rossellini, sa présentation à la fois elliptique et synthétique des événements. »

André Bazin3

 

“When I came in touch with Rossellini, I saw the loving eyes through which he observed everything to make things alive through his framings. It was actually through his attitude that I thought that, after all, films may be created without deceits, without presumptions, without thinking of sending around quite definite messages... I definitely realized that the camera, the film apparatus on the whole are not so very mysterious, so terribly technical. It was just a matter of relating quite simply what one was looking at.”

Federico Fellini4

  • 1. Letter from Ingrid Bergman that reached Rossellini on 8 May 1948.
  • 2. André Bazin, Qu’est-ce que le cinéma ? (Paris: Cerf-corlet, 2002), 278-278.
  • 3. André Bazin, “Défense de Rossellini” dans Qu’est-ce que le cinéma ? (Paris: Cerf-corlet, 2002), 351.
  • 4. Federico Fellini, “My experiences as a director” in Federico Fellini: Essays in Criticism, ed. Peter Bondanella (New York: Oxford University Press, 1978). [Fellini was assistant director and co-screenwriter of Paisà.]
Tue 5 Dec 2017, 20:30
KASKcinema, Ghent
PART OF
FILM
Paisà
Paisan
,
,
134’

“Dear Mr. Rossellini,

I saw your films Open City and Paisan, and enjoyed them very much. If you need a Swedish actress who speaks English very well, who has not forgotten her German, who is not very understandable in French, and who in Italian knows only ‘ti amo’, I am ready to come and make a film with you.”

Ingrid Bergman1

 

« Paisà, c’est ce film de Rossellini qui recèle le plus de secrets esthétiques. [...] Paisà est d’abord sans doute le premier film qui soit l’équivalent rigoureux d’un recueil de nouvelles [a collection of short stories]. Le premier épisode évoque le style de Faulkner, tel autre de Hemingway, tel autre de Steinbeck. [...] L’unité du récit cinématographique dans Paisà n’est pas le « plan », point de vue abstrait sur la réalité qu’on analyse, mais le « fait ». Fragment de réalité brute, en lui-même multiple et équivoque, dont le « sens » se dégage seulement a posteriori grâce à d'autres « faits » entre lesquels l'esprit établit des rapports. Sans doute le metteur en scène a bien choisi ces « faits », mais en respectant leur intégrité de « fait ». »

André Bazin2

 

« Si vous voulez, ce qui est réaliste dans Paisà, c’est la résistance italienne, mais ce qui est néo-réaliste, c’est la mise en scène de Rossellini, sa présentation à la fois elliptique et synthétique des événements. »

André Bazin3

 

“When I came in touch with Rossellini, I saw the loving eyes through which he observed everything to make things alive through his framings. It was actually through his attitude that I thought that, after all, films may be created without deceits, without presumptions, without thinking of sending around quite definite messages... I definitely realized that the camera, the film apparatus on the whole are not so very mysterious, so terribly technical. It was just a matter of relating quite simply what one was looking at.”

Federico Fellini4

  • 1. Letter from Ingrid Bergman that reached Rossellini on 8 May 1948.
  • 2. André Bazin, Qu’est-ce que le cinéma ? (Paris: Cerf-corlet, 2002), 278-278.
  • 3. André Bazin, “Défense de Rossellini” dans Qu’est-ce que le cinéma ? (Paris: Cerf-corlet, 2002), 351.
  • 4. Federico Fellini, “My experiences as a director” in Federico Fellini: Essays in Criticism, ed. Peter Bondanella (New York: Oxford University Press, 1978). [Fellini was assistant director and co-screenwriter of Paisà.]