Sabzian

Week End (Jean-Luc Godard, 1967)

Thursday, July 27, 2017 - 19:00 to 20:45
Cinematek (Ledoux), Brussels

 

« D’abord, quelques indispensables comptes et prises de repères. Non que Week End soit une pause dans la dynamique de l’oeuvre godardien, pour autoriser ce temps d’arrêt initial. Au contraire ; mais la démarche par rup­ture d’un film à l’autre, l’alternance « pair-impair » des premières années : abandonnées, ou plutôt intégrées dans un processus plus large, plus continu (à tous points de vue, puisque Godard n’arrête pas, littéralement, de tourner). Le terrain exploré, reconnu par quinze films, est maintenant assise, mouvante mais ferme ; chaque film, avant toute chose, est résultante, intégrale, résumé et ressassement de tout le déjà-dit, sur quoi vient s’imprimer un discours nou­veau. Une sorte d’équilibre thermody­namique, qui comme tel ne se main­tient que par d’incessantes allées et venues (« et c’est la trace qu’elles déposent sur la pellicule, que j’appelle le cinéma »). Trace éphémère (« je ne filme plus en termes d’éternité »), qui fait de l’œuvre un palimpseste, chaque film effaçant les précédents, qui pour­tant continuent de transparaître à tra­vers les ratures ; comme chaque plan efface tous les autres et déborde sur eux, abolies les notions de début, de fin, et de sens unique. »

Jean Collet dans Cahiers du cinéma, n°199 de mars 1968, p. 59

 

Cahiers du cinéma: So when you shoot it’s as if you collect a lot of stuff you have to sort later. . .

Jean-Luc Godard: No, it isn’t. It’s not just “a lot of stuff.” If it’s a “collection,” it’s a collection that always has a particular end in view, a definite aim. And it isn’t just “any” movie: it’s always a particular movie. You “collect” only the stuff that can meet your needs. It’s almost the reverse for my next movie: the structure’s all there; it’s entirely organized. All I had for La Chinoise were the details, lots of details I had to find how to fit together. I’ve got the structure for Week End, but not the details. It’s sort of frightening: what if I don’t find the right ones? What if I can’t keep my promise because, after all, for the money they give me, I promise to make them a movie. No, that’s all wrong. You shouldn’t think about work in terms of a debt or a duty in the bad sense of the word; you should think about it in terms of some normal activity: leisure, life, and breathing evenly; the tempo has to be right.

From ‘Struggle on Two Fronts: A Conversation with Jean-Luc Godard’ by Jacques Bontemps, Jean-Louis Comolli, Michel Delahaye, Jean Narboni, Cahiers du Cinema, D. C. D. [Translated for Film Quarterly, Vol. 21, No. 2. (Winter, 1968 - Winter, 1969), pp. 20-35.]

 

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