FILM
Archipels Nitrate
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62’

« On criait au miracle. »

Opening titles of the film

 

« Des images. Par milliers. Avec ou sans sons. Parfois intactes, d’autres fois rayées, virées, presque effacées. Des images par milliers qui reviennent à l’esprit de manière sauvage et incontrôlable. Pourquoi ce plan de Sayat Nova de Paradjanov, pourquoi cet autre de The great train robbery de Porter, pourquoi ce regard de Maurice Ronet dans Le Feu follet de L. Malle ou ce visage de l’enseignant sidéré par la beauté de son élève dans De man die zijn haar kort liet knippen de A. Delvaux ? Pourquoi ces images s’incrustent-elles, survivent-elles à d’autres ? Je l’ignore. Soustraites à leur récit initial, ces images nourrissent  dans Archipels Nitrate  une nouvelle partition visuelle. Et c’est un peu le lot de toutes les images car  mémorisées  tout spectateur en fait un usage très intime et détourné pour lequel il n’a de comptes à rendre. Vues, aimées ou pas, elles nous appartiennent aussitôt. Elles cristallisent en elles  parfois  un monde, une vision du monde. Ce qui soude, lie une image à une autre est imprévisible, archaïque. En nous, ces images  de films, d’époques, d’écritures différentes  se parlent, se regardent, s’échangent du sens. Et qu’on le souhaite ou pas, elles parlent toutes de temps. Toute image garde la trace d’un temps. »

Claudio Pazienza1

  • 1. Claudio Pazienza, Archipels Nitrate, présentation du dossier de presse, 2008