Article NL
24.03.2021
Meagan Day 2020
Vertaald door

De politieke zelfgenoegzaamheid van de jaren ’90 leverde een verrassend groot aantal mainstream Amerikaanse romantische komedies op over het verzet tegen de gevestigde macht. Maar You’ve Got Mail bracht ons een nieuwe fantasie, volledig geneoliberaliseerd: wat als de gevestigde macht de ware is?

Article FR EN
17.03.2021

I would like to define the intricate relationship between my cinematographic language and the prevalent political language. The prevalent political language aims at determining a harmony of concrete interests. It is a uniform language that emphasizes the difference between what is similar and what is different within a very precise geographical and economical area. On the other hand, my cultural action, and not cultural language, aims at liberating spaces where everyone can be moved, can rediscover the real nature of things, marvel at the world, think about it and immerse oneself in the world of childhood. Finally, politics excludes the imaginary, unless it can be used for ideological or partisan ends. But my films’ cultural world is made up of both reality and the imagination, both of which are vital to the creation of my films. It is like a child’s quest for identity: he or she needs these two levels – reality and dream – to approach life in a balanced and non-schizophrenic way.

Article FR EN
17.03.2021

[J]e voudrais définir la relation complexe qui existe entre mon langage cinématographique et le langage politique dominant. Le langage politique dominant vise à déterminer une harmonie d’intérêts concrets. C’est un langage uniforme qui souligne la différence entre ce qui est similaire et ce qui est différent dans une zone géographique et économique très précise. D’autre part, mon action culturelle, et non le langage culturel, vise à libérer des espaces où chacun peut être ému, peut redécouvrir la nature des choses, s’émerveiller du monde, y penser et s’immerger dans le monde de l’enfance. Enfin, la politique exclut l’imaginaire, à moins qu’il ne puisse être utilisé à des fins idéologiques ou partisanes. Mais le monde culturel est constitué à la fois de réalité et d’imagination, deux éléments essentiels à la création de mes films. C’est comme une quête d’identité pour un enfant : il a besoin de ces deux niveaux – réalité et rêve – pour aborder la vie d’une manière équilibrée et non schizophrénique.

Conversation FR EN
17.03.2021

“Yes, from a filmmaker’s point of view, we wanted to look for images other than those brought back by television crews every time there’s a political event in the occupied territories (manifestations, strikes, riots, etc.). We actually believe that these images make us forget the essence: the sense of the struggle of these people. The informative television images are images of ‘effects’, and we are looking for images of ‘causes’.”

Conversation FR EN
17.03.2021

« Oui, notre point de vue de cinéastes était de rechercher des images autres que celles ramenées par les équipes de télévision à chaque événement politique dans les territoires occupés (manifestations, grèves, émeutes, etc.). Nous croyons, en effet, que ces images finissent par faire oublier l’essentiel : le sens de la lutte de ces gens. Les images d’information télévisées sont des images d’« effets », nous recherchions des images de  « causes ». »

Conversation FR EN
17.03.2021

“[Fertile Memory] is the result of several years of work. I made several reports in the occupied territories, but I also have to say that the film was beyond me. The Palestinian question is basically an issue of oppression: an oppression that dominates the world. I said to myself that I would be able to give the Palestinian question a new dimension by talking about the most oppressed. I thought that women would help bring out all the contradictions.”

Conversation FR EN
17.03.2021

[C]’est le résultat de plusieurs années de travail, j’ai fait plusieurs reportages dans les territoires occupés, mais je dois dire aussi que le film m’a dépassé. Au fond, c’est quoi le problème palestinien, c’est le problème de l’oppression : une oppression qui domine le monde. Je me suis dit que c’était en parlant des plus opprimés que je parviendrai à donner une dimension au problème palestinien. J’ai pensé que la femme permettrait de faire ressortir toutes les contradictions.

Article FR EN
17.03.2021

The source that irrigates Fertile Memory springs from two poles that constitute the foundations and permanence of the Palestinian soul: usurped land and women. Few films show daily life in the physical and temporal reality (32 years for Mrs Farah Hatoum) of the Israeli occupation. And if these films exist, their lack of credibility is such that at best, we make do with imagining the thoughts behind the gestures and gazes – the deepest dimension of which only the prism of culture will render.

Article FR EN
17.03.2021

La mémoire fertile jaillit de deux pôles qui constituent les fondements et la pérennité de l’âme palestinienne : la terre usurpée et la femme. Rares sont les films qui donnent à voir le quotidien vécu dans la réalité physique et temporelle (32 ans pour Mme Farah Hatoum) de l’occupation israélienne. Ou, lorsque ces films sont, leur non-crédibilité est telle qu’on se contente dans le meilleur des cas, de deviner les pensées qui habitent gestes et regards et que seul, le prisme de la culture, nous restitue dans leur dimension profonde.

Article FR EN
17.03.2021

It is Khleifi’s achievement to have embodied certain aspects of Palestinian women’s lives in film. He is careful to let the strengths of Farah and Sahar emerge slowly, even if at a pace that risks losing the film the larger audience it deserves. He deliberately disappoints the expectations engendered in us by the commercial film (plot, suspense, drama), in favor of a representational idiom more innovative and – because of its congruence with its anomalous and eccentric material – more authentic.

Article FR EN
17.03.2021

Khleifi a réussi à incorporer au cinéma certains aspects de la vie des femmes palestiniennes. Il prend soin de laisser les forces de Farah et Sahar émerger lentement, même si c’est à un rythme qui risque de perdre le grand public qu’il mérite. Il déçoit délibérément les attentes suscitées en nous par le film commercial (intrigue, suspense, drame), en faveur d’un langage de représentation plus innovant et, du fait de sa congruence avec son matériel irrégulier et excentrique, plus authentique.

Article FR
10.03.2021

Film inclassable qu’aucune étiquette – ni « documentaire », ni « essai », ni « film expérimental » – ne suffit à désigner puisqu’il les recouvre toutes de son absolue singularité, Dimanche est un film unique et rare apparu de manière impromptue sur le terrain en jachère d’un cinéma belge qui ignorait encore, au début des années soixante, qu’il pouvait devenir « moderne ».

Conversation FR EN
10.03.2021

“There’s something crazy about editing. The little I learned about film technique and the manipulation of forms comes from editing really. Because I had to edit everything myself; I couldn’t afford an editor – and I didn’t want one anyway. I was too – what word do they use nowadays? – “invested”. Funny word.”

Conversation FR EN
10.03.2021

Le montage a quelque chose de fou. Ce que j’ai un peu appris de la technique de cinéma et de la manipulation des formes me vient réellement du montage. Parce que j’ai dû tout monter moi-même ; et n’avais pas de quoi m’offrir un monteur – du reste, je n’en avais pas envie. J’étais trop - comment dit-on maintenant ? – investi. Drôle de mot.

Article FR EN
10.03.2021
Boris Lehman 1990
Translated by

“Nothing can fix the finite which lies between the two infinities that enclose and flee from it.” This formula by Pascal may very well apply to the films of Edmond Bernhard, the most brilliant filmmaker Belgium has ever known. His entire oeuvre essentially consists of five short films made between 1954 and 1972, less than two hours of screening time in total: Lumière des hommes (1954), Waterloo (1957), Belœil, ou Promenade au château de Belœil (1958), Dimanche (1963) and Échecs (1972).

Article FR EN
10.03.2021

« Rien ne peut fixer le fini entre les infinis qui l'enferment et le fuient. » Cette formule de Pascal peut fort bien s'appliquer aux films d'Edmond Bernhard, le plus génial cinéaste que la Belgique ait connu. Son œuvre entière tient essentiellement en cinq courts métrages réalisés entre 1954 et 1972, qui totalisent moins de deux heures de projection : Lumière des hommes (1954), Waterloo ( 1957), Belœil, ou Promenade au château de Belœil (1958), Dimanche (1963) et Échecs (1972).

Article NL EN
10.03.2021
Henri Storck 1995
Translated by

With nimble-fingered virtuosity, he operated an array of objects arranged around his piano: fake pistols for crime-of-passion gunshots, castanets to imitate the sound of horses’ hooves, grains of lead sliding over a canvas for the sound of waves, buckets of water and sponges for the sound of raindrops. From high up in my little room across the street, I could hear the sounds of the piano, which allowed me to understand what kind of film it was: a farce, a bourgeois drama, a romantic comedy, or even a violent storm at sea or bolting horses at a gallop.

Article FR EN
3.03.2021

Hatari! is an enormous film, one which is only saved from its monstrosity by the incredible intelligence of its director. It is a summation in which all the aspects of cinema are stirred together, amalgamated. The labyrinthine complexity of its construction is dizzying. Watching it can only put one off, or leave them wiped out.

Article NL EN
24.02.2021

Herman Asselberghs werkt momenteel aan een langlopend filmproject in de filmopleiding waar hij sinds twee decennia lesgeeft. Via de realisatie van een filmessay peilt hij naar de relaties tussen aandacht en verstrooiing in bioscoopzaal en klaslokaal. Doorheen het maakproces doet Sabzian verslag van zijn begeleidend lees- en schrijfwerk. Met regelmaat selecteert Asselberghs een bestaande tekst die hem bezighoudt en die hij zelf van een bijbehorende tekst voorziet. In deze tweede aflevering polst hij naar mogelijke overlappingen tussen lesgeven en filmkijken aan de hand van Berichten uit een klas, Objectieve Melancholie en andere sleutelessays van Dirk Lauwaert en brengt hij diens vergeten Filmparties in herinnering.