screening
FILM
De quelques événements sans signification
,
,
76’

“Around the port’s streets and popular bars of Casablanca, a group of filmmakers conduct discussions with people about their expectations of, and aspirations for, the emerging Moroccan national cinema. When a disgruntled worker kills his superior accidentally, their inquest shifts focus, and they begin to probe the context and motives of the killing. At the heart of De quelques événements sans signification is an interrogation on the role of cinema (and art) in society, documentary and the Real, and what constitutes an urgency for a national cinema that is being born. The film was first screened in Paris in 1975 but was immediately taxed with censorship and forbidden from exhibition and export. It was forgotten until a negative print was found in the archives of the Filmoteca de Catalunya in 2016 and digitised and restored there.”

Africa in Motion Film Festival1

 

« Casablanca, 1973 : un réalisateur prépare un tournage, mais désireux de prendre en charge le cinéma de son pays, parcourt les rues de la ville, interrogent les passants sur ce que pourrait et devrait être le cinéma marocain. Les réponses fusent, contradictoires, à l’image des personnes interrogées. Les membres de l’équipe de tournage discutent : ils s’efforcent de construire la théorie d’un cinéma national indépendant, entre expérimentation formelle et représentation sociale, exemples cosmopolites et rejet de l’écrasant regard français. Mais au cours de leurs repérages surgit un jeune homme qui les fascine, et dont le destin se nouera alors même qu’ils regardent ailleurs. Soulignant les apories du cinéma national aussi bien que la violence qu’engendre la misère sociale, De quelques événements sans signification, après une unique projection parisienne en 1974, fut immédiatement censuré et longtemps cru disparu. Derkaoui y construit une esthétique de la focale longue, habituellement propre au documentaire, pour brouiller les repères entre les niveaux de réalité de son film ; la bande-son, avec son free-jazz virevoltant en contrepoint aux rares images de violence du film, achève de confondre toute lecture univoque. Car De quelques événements sans signification n’est rien moins qu’une critique des ambitions du cinéma par les armes mêmes du cinéma, un film qui n’a de cesse de relancer la question qu’il pose : que peut véritablement la caméra ? »

FID Marseille2

 

“We should understand that De Quelques Événements Sans Signification was created in a complicated era. The magazine Souffles, that was published by a small group of self-professed ‘linguistic guerillas’ had just been banned and its founder jailed along with other supporters of a Marxist-Leninist revolution. Two failed attempts at military takeovers in 1971 and 1972 had exacerbated the political situation and the following repression isolated Morocco under King Hassan II. This helps to explain why the film was banned.

But the artistic dilemma still exists in many ways. In the film, we witness how Derkaoui and his comrades discuss what to do when they realize that they have filmed a suspected killer. Should they show it?”

Hans Henrik Fafner3

Tue 26 Nov 2019, 21:00
CINEMATEK, Brussels
PART OF Courtisane
FILM
De quelques événements sans signification
,
,
76’

“Around the port’s streets and popular bars of Casablanca, a group of filmmakers conduct discussions with people about their expectations of, and aspirations for, the emerging Moroccan national cinema. When a disgruntled worker kills his superior accidentally, their inquest shifts focus, and they begin to probe the context and motives of the killing. At the heart of De quelques événements sans signification is an interrogation on the role of cinema (and art) in society, documentary and the Real, and what constitutes an urgency for a national cinema that is being born. The film was first screened in Paris in 1975 but was immediately taxed with censorship and forbidden from exhibition and export. It was forgotten until a negative print was found in the archives of the Filmoteca de Catalunya in 2016 and digitised and restored there.”

Africa in Motion Film Festival1

 

« Casablanca, 1973 : un réalisateur prépare un tournage, mais désireux de prendre en charge le cinéma de son pays, parcourt les rues de la ville, interrogent les passants sur ce que pourrait et devrait être le cinéma marocain. Les réponses fusent, contradictoires, à l’image des personnes interrogées. Les membres de l’équipe de tournage discutent : ils s’efforcent de construire la théorie d’un cinéma national indépendant, entre expérimentation formelle et représentation sociale, exemples cosmopolites et rejet de l’écrasant regard français. Mais au cours de leurs repérages surgit un jeune homme qui les fascine, et dont le destin se nouera alors même qu’ils regardent ailleurs. Soulignant les apories du cinéma national aussi bien que la violence qu’engendre la misère sociale, De quelques événements sans signification, après une unique projection parisienne en 1974, fut immédiatement censuré et longtemps cru disparu. Derkaoui y construit une esthétique de la focale longue, habituellement propre au documentaire, pour brouiller les repères entre les niveaux de réalité de son film ; la bande-son, avec son free-jazz virevoltant en contrepoint aux rares images de violence du film, achève de confondre toute lecture univoque. Car De quelques événements sans signification n’est rien moins qu’une critique des ambitions du cinéma par les armes mêmes du cinéma, un film qui n’a de cesse de relancer la question qu’il pose : que peut véritablement la caméra ? »

FID Marseille2

 

“We should understand that De Quelques Événements Sans Signification was created in a complicated era. The magazine Souffles, that was published by a small group of self-professed ‘linguistic guerillas’ had just been banned and its founder jailed along with other supporters of a Marxist-Leninist revolution. Two failed attempts at military takeovers in 1971 and 1972 had exacerbated the political situation and the following repression isolated Morocco under King Hassan II. This helps to explain why the film was banned.

But the artistic dilemma still exists in many ways. In the film, we witness how Derkaoui and his comrades discuss what to do when they realize that they have filmed a suspected killer. Should they show it?”

Hans Henrik Fafner3