Screening
Ciné-concert Ameel Brecht + Brecht Hayen
Fri 25 Nov 2022, 20:00
PART OF
FILM
Un chant d’amour
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25’

Jean Genet, enfant terrible of French literature, spent part of his life in captivity. In this voyeuristic visual poem, prisoners, locked in their cells, are also trapped in their homoerotic fantasies. The film was not authorised for public screenings until the mid-seventies. During the previous twenty-five years, it had been circulating mainly in the circles of erotic and pornographic film collectors and in the experimental film world. Jonas Mekas was arrested and beaten up by the American police for showing it.

 

“There is a close relationship between flowers and convicts. The fragility and delicacy of the former are of the same nature as the brutal insensitivity of the latter. My excitement is the oscillation from one to the other.”

Jean Genet in The Thief’s Journal (1949)

 

Un chant d’amour is the only film directed by the notorious multi-hyphenate, known as much for his begrimed, criminal past – he was an orphan raised in juvenile detention centers who grew up to become a petty thief and prostitute – as for the actual content of his novels, plays, essays, and poetry. This silent, black-and-white short from 1950 is remembered too often for the scandals and legal battles it incited and not enough for its artistry, for how much tenderness, fear, and sensuality it conveys without a single spoken word. It is awash in overt gay horniness, the likes of which, over the last century of film, have appeared as rarely as a ghost orchid. Yet the explicitness of its imagery has perhaps overwhelmed discussion of its supple construction. Though the film is steeped in symbolism (that eternally swinging flower bouquet), Genet’s film has no need to displace eroticism onto metaphorical objects: there’s a direct and literal sweating, heaving desperation with which the film’s principal men (two prisoners and one peeping guard) lust after one another, despite – or maybe because of – the cement walls that separate them.”

Michael Koresky1

FILM
Nus masculins
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25’

Travel diary in the form of a series of portraits, mute and unmounted intimate images

 

“Such intense shots on Kodak Ektachrome film are quite rare even in archives.” 

Alexander Horwath 

 

« Attention, flower power mais genre « rêve de fougère ». Selon le dictionnaire dédié, le rêve de fougère reflète la joie et le bonheur dans vos relations personnelles. La fougère en rêve, c’est le symbole de protection. Rêver de fougère dénote la douceur et la tendresse dans votre vie. Le rêve de fougère présage un amour profond et sincère. Dans certains cas, le rêve de fougère indique l'arrivée de nouvelles rencontres enrichissantes. Par contre, si la fougère est sèche, faites attention à votre état de santé. Comme à la recherche de la fleur introuvable dans un jardin secret, entre peinture classique et art pompier à la Pierre et Gilles avant l’heure, François Reichenbach filme ses compagnons de route et de cœur, ses Ganymèdes en Ektachrome, en toute simplicité. Nus masculins est un home movie amoureux et tendre en espace naturel, à la fois très arrangé et candide. Gay et sans s’excuser de l’être. Rebel without a cause. Heureux d'être à nu. Suggestion et pudeur, sans complexe, jeux de parcours et de regards composent un érotisme qui ferait rougir nos affranchis Jean Cocteau et Kenneth Anger. « Dans les prières qui emprisonnent et vous libèrent », Bashung, encore. Est-ce que ce journal intime était destiné à être lu ? Est-ce que Gus Van Sant connaît ce film ? « Dimension, Existence, Culture and Identity all splinter and are left behind. Pink Sound, brothers and sisters. Pinkness. It’s dark. It’s... flat. It is unexplainable... it is peaceful... it is love... ...it is... » (Gus Van Sant, Pink, 1997). »

Émilie Cauquy1

FILM
Last Spring
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22’

Two men in love, intertwined, then separated, one in the city and one in the countryside, hope to see each other again.

 

« Last Spring est un « film amateur » au sens noble du terme, notion revendiquée par le cinéaste tout au long de sa carrière, car elle contient cette idée étymologique de l’amour de l’art, valeur essentielle, incitatrice à la création. Il a été réalisé certainement pour être vu uniquement par quelques proches, comme on tourne un film entre amis. Voyageur, musicologue, collectionneur, passionné, François Reichenbach était partout et s’intéressait à tout. La légende raconte qu’il était toujours présent au bon moment : lorsqu’il démarrait sa caméra, il se passait un événement imprévisible devant l’objectif. Il tournait avec une aisance inégalable, la caméra était le prolongement de son bras, le viseur son troisième œil et l’image le reflet de son désir, celui de capter des images insolites et poétiques. Sa vie sera sans cesse portée par cette volonté de filmer des corps, des paysages sauvages et des villes, d’enregistrer des sons et des voix. Le talent souvent décrit de François Reichenbach est déjà présent dans cette œuvre fantaisiste. Au début des années 1950, il a réalisé quelques documentaires en filmant Paris, puis New York (Paris qui ne dort pas, Visages de Paris, New York ballade, Impressions de New York, etc.). Autonome avec sa caméra, il imagine une fiction intimiste avec ses quelques amis gays rencontrés aux États-Unis. Ce sera l’occasion de filmer, sans complexe et sans retenue, deux hommes amoureux, enlacés, puis séparés, l’un à la ville et l’autre à la campagne. Sous influence d’un génie du cinéma, Jean Cocteau, mais aussi du cinéma moderne qui se profile en France comme aux États-Unis, il raconte, caméra à l’épaule, sans dialogue, une simple histoire amoureuse, avec son désir charnel, ses moments de solitude, ses rêveries, ses manques et ses doutes. La clandestinité aurait pu encourager le cinéaste à braver les interdits et exhiber ce que l’on ne saurait voir, mais François Reichenbach propose au contraire un conte romantique et pudique. L’image naturelle noir et blanc et le look à la James Dean des deux personnages plongent le spectateur dans un univers semi-documentaire, aux allures de film indépendant, de cette Amérique fascinante et rebelle des années 1950. L’image est abîmée et le son malheureusement très dégradé, mais cette curiosité, qui n’apparaît dans aucune filmographie de François Reichenbach, mérite qu’on la découvre. »

Hervé Pichard1