FILM
La coquille et le clergyman
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40’

Obsessed with a general’s woman, a clergyman has strange visions of death and lust, struggling against his own eroticism.

 

« Tout mon effort a été de rechercher dans l’action du scénario d’Antonin Artaud les points harmoniques, et de les relier entre eux par des rythmes étudiés et composés. Tel par exemple le début du film où chaque expression, chaque mouvement du clergyman sont mesurés selon le rythme des verres qui se brisent ; tel aussi la série des portes qui s’ouvrent et se referment, et aussi le nombre des images ordonnant le sens de ces portes qui se confondent en battements contrariés dans une mesure de 1 à 8.

Il existe deux sortes de rythmes. Le rythme de l’image, et le rythme des images, c’est-à-dire qu’un geste doit avoir une longueur correspondant à la valeur harmonique de l’expression et dépendant du rythme qui précède ou qui suit : rythme dans l’image. Puis rythme des images : accord de plusieurs harmonies. Je puis dire que pas une image du Clergyman n’a été livrée au hasard. »

Germaine Dulac1

 

« J’ai cherché dans le scénario à réaliser cette idée de cinéma visuel où la psychologie même est dévorée par les actes. [...] Ce scénario recherche la vérité sombre de l’esprit, en des images issues uniquement d’elles-mêmes, et qui ne tirent pas leur sens de la situation où elles se développent mais d’une sorte de nécessité intérieure et puissante qui les projette dans la lumière d’une évidence sans recours."

Antonin Artaud2

 

“In keeping with her revolutionary poetics, The Seashell and the Clergyman can be seen as a crucible in which traditional symbols, and the images that represent them, undergo complete transformation. The coquille, or seashell, from the film’s title is a case in point: the seashell is a vessel from which the priest drinks and is reminiscent of the seashell from which the beauty Venus arises in a Botticelli painting. As a vessel, the seashell suggests the fount of holy water in a catholic church; a font in the language of printers, a ‘coquille’ can have the connotation of an error where a letter is dropped and ‘coquille’ becomes ‘couille,’ a sexually charged term for male genitalia. Dulac incorporates this confusion of masculine and feminine, sacred and profane, in the plasticity of the films’ images where a woman’s bodice becomes a carapace, aflame and resembling the Holy Ghost; and a clergyman’s ministrations, shot from a low camera angle, suggest masturbation. One image is changed into another and sexual identity and religious comportment are challenged.”

Maryann De Julio3