screening
FILM
Coincoin et les z’inhumains
,
,
200’

“Spoofing the characteristics of the detective, commissioner Van der Weyden is the distillation of the elements that make Bruno Dumont’s work so unique and irresistible. Named after the Flemish painter, who is renowned for his portraits where the position of the hands creates a dialogue with the sober expressiveness of the faces, the commissioner is an indiscernible blend of stupidity and amazement.

Dumont is one of the few asking what the status of images is today, and he acts consequently. Whereas most images today are disincarnated and can move from one medium to another, Dumont’s work has the disagreeable flavor of dirt (or manure, in keeping with his latest work). His images are not analog in the word’s traditional sense, they are not a cast of reality, but they do carry the stigmata of the real.”

Carlo Chatrian1

 

« Bruno Dumont ne limite pas la comédie à une mécanique bien huilée. Si sa mise en scène est toujours d’une précision millimétrée, avec un sens du cadre époustouflant qui n’appartient qu’à lui, Bruno Dumont sait aussi accueillir la diversité et la fantaisie que lui offrent ses acteurs. L’idiotie du monde se déploie dans Coincoin et les z’inhumains. Dumont crée les conditions d’un gigantesque bug qui court-circuite toutes les habitudes et les conventions d’une série télé, bouscule son propre cinéma en s’aventurant sur le terrain des mythologies populaires (les body snatchers, les zombies). Comme un antidote au formatage, Dumont installe une esthétique du dérèglement au cœur du petit monde de Coincoin, ex Quinquin, bousculé par d’étranges événements.

Dumont injecte à sa manière les préoccupations et les changements très actuels de notre société sans se soucier du politiquement correct, en observant les réactions de stupeur, de rejet ou d’incompréhension de ses personnages devant les bouleversements de notre époque. Il serait vain d’appréhender cette mini-série par l’angle des thématiques qu’elle aborde et même de son histoire, tant la mise en scène de Dumont et le génie de ses acteurs nous emportent très loin de tout ce qui peut généralement se faire la télévision – et même au cinéma – aujourd’hui. C’est peut-être ce qui relie Coincoin et les z’inhumains et Twin Peaks: The Return de David Lynch, au-delà de certains points communs troublants : la liberté et la créativité sans limites d’un auteur qui est aussi un inventeur de formes, un expérimentateur travaillant au sein – mais dans les marges – d’un système commercial formaté. »

Olivier Père2

Sun 14 Oct 2018, 14:30
PART OF Film Fest Gent 2018
FILM
Coincoin et les z’inhumains
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200’

“Spoofing the characteristics of the detective, commissioner Van der Weyden is the distillation of the elements that make Bruno Dumont’s work so unique and irresistible. Named after the Flemish painter, who is renowned for his portraits where the position of the hands creates a dialogue with the sober expressiveness of the faces, the commissioner is an indiscernible blend of stupidity and amazement.

Dumont is one of the few asking what the status of images is today, and he acts consequently. Whereas most images today are disincarnated and can move from one medium to another, Dumont’s work has the disagreeable flavor of dirt (or manure, in keeping with his latest work). His images are not analog in the word’s traditional sense, they are not a cast of reality, but they do carry the stigmata of the real.”

Carlo Chatrian1

 

« Bruno Dumont ne limite pas la comédie à une mécanique bien huilée. Si sa mise en scène est toujours d’une précision millimétrée, avec un sens du cadre époustouflant qui n’appartient qu’à lui, Bruno Dumont sait aussi accueillir la diversité et la fantaisie que lui offrent ses acteurs. L’idiotie du monde se déploie dans Coincoin et les z’inhumains. Dumont crée les conditions d’un gigantesque bug qui court-circuite toutes les habitudes et les conventions d’une série télé, bouscule son propre cinéma en s’aventurant sur le terrain des mythologies populaires (les body snatchers, les zombies). Comme un antidote au formatage, Dumont installe une esthétique du dérèglement au cœur du petit monde de Coincoin, ex Quinquin, bousculé par d’étranges événements.

Dumont injecte à sa manière les préoccupations et les changements très actuels de notre société sans se soucier du politiquement correct, en observant les réactions de stupeur, de rejet ou d’incompréhension de ses personnages devant les bouleversements de notre époque. Il serait vain d’appréhender cette mini-série par l’angle des thématiques qu’elle aborde et même de son histoire, tant la mise en scène de Dumont et le génie de ses acteurs nous emportent très loin de tout ce qui peut généralement se faire la télévision – et même au cinéma – aujourd’hui. C’est peut-être ce qui relie Coincoin et les z’inhumains et Twin Peaks: The Return de David Lynch, au-delà de certains points communs troublants : la liberté et la créativité sans limites d’un auteur qui est aussi un inventeur de formes, un expérimentateur travaillant au sein – mais dans les marges – d’un système commercial formaté. »

Olivier Père2