A successful businesswoman gets caught up in a game of cat and mouse as she tracks down the unknown man who raped her.
EN
“Revisiting the film after the Weinstein allegations and later conviction, Billson notes that in Elle, ‘the subsequent relationship she forms with her rapist foreshadows some of the questions asked of #MeToo accusers. Why didn’t she go to the police? Why did she go on to have consensual sex with her attacker? And how ‘consensual’ was it anyway? Huppert ultimately gets her revenge, but the extent to which she herself engineers it is left ambiguous.’ While undeniably and deliberately provocative, Elle is as transgressive and unconventional as Michèle herself, and to deny or question her agency or liberty to respond to her circumstances how she sees fit is a challenge both Verhoeven and Huppert unhesitatingly turn back on the audience ourselves.”
Alexandra Heller-Nicholas1
- 1Alexandra Heller-Nicholas, Rape-Revenge Films: A Critical Study (McFarland, 2014), 121-122.
FR
Emmanuel Burdeau: Comment votre nouveau film, Elle, est-il né ?
Paul Verhoeven: Saïd Ben Saïd m'a envoyé Oh..., le roman de Philippe Djian. Je ne connaissais pas du tout Saïd, mais je suppose qu’il aimait mon travail et qu'il jugeait que le roman de Djian comportait un aspect buñiuelien pouvant me convenir. S'il faut faire une comparaison, le film qui ressemble le plus à Elle est probablement Belle de jour. Saïd m'a demandé si je pourrais avoir envie d’adapter le roman au cinéma. Je l’ai lu. Il m’a paru curieux et différent de tout ce que j’avais pu faire avant.
Saïd et moi pensions d'abord qu’il s'agirait d’un film américain, avec une histoire et des acteurs américains. J’ai contacté David Birke, un scénariste avec lequel j’avais travaillé sur d'autres projets. Je lui ai donné une traduction anglaise du livre. Pas une traduction littéraire, juste un texte lui permettant de comprendre l'histoire. Nous avons discuté pendant plusieurs semaines et regardé le livre ensemble, chapitre par chapitre. David a alors écrit un scénario transposant l’histoire dans une ville américaine du genre de Boston ou Chicago.
Nous sommes allés a Cannes en 2014 pour lancer le projet avec Wild Bunch. Pendant les mois qui ont suivi, toute une série de choses ont fait qu'il nous a paru impossible que ce film d’après Oh... soit americain. Aucune actrice n'était prête à jouer le rôle, et personne ne voulait financer l'histoire d'une femme qui, en gros, entretient une relation sadomasochiste avec son violeur. Rétrospectivement, je ne peux que me réjouir que nous n'ayons pas pu en faire un film américain. Sans cela, je n’aurais jamais eu le bonheur de travailler avec Isabelle Huppert. Il faut ajouter qu’Isabelle, ayant lu le livre et l'ayant beaucoup aimé, avait déjà discuté du projet avec Philippe Djian et Said avant même que j’y sois associé.
A l’été 2014, nous avons donc pris la décision définitive de faire le film en France et en français. II a fallu procéder alors à quelques changements au sein du scénario, mais pas si nombreux. Pour passer au français et a la France nous avons modifié une vingtaine de points environ. C’est Harold Manning qui a été chargé de traduire et de transposer le scenario du point de vue de la langue et de la culture. La rivière Hudson devenait la Seine, etc. II suffisait juste parfois de revenir au livre...
Emmanuel Burdeau en conversation avec Paul Verhoeven1
- 1
Emmanuel Burdeau, Paul Verhoeven – À l’oeil nu
Entretien avec Emmanuel Burdeau (Bordeaux : Capricci Editions, 2017), 108-109.

