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FILM

Based on a comic strip that was published in the French satirical magazine Charlie Hebdo, L’an 01 is a utopian exploration of a world in which the market economy has been abandoned. The entire population has agreed on two resolutions: “let’s stop everything” and “after a period of total stoppage, let'’s bring back – reluctantly – just the services and products we can’t do without.” When money has become worthless, unbridled production is replaced by meaningful forms of creation.

 

« Ce n’est pas vraiment une transposition. Les bandes, le film, cela marchait ensemble. Le film est allé plus loin. Il provoque une prise de conscience à partir d’individus qui refusent quelque chose. Un beau matin, ils ne bougent plus comme d’habitude. On arrête tout, on regarde les autres, on se rapproche, on se parle. L’idée s’étale, devient évidente, naturelle. Le monde n’est plus le même. Quand j’ai écrit le scénario, j’essayais de voir ce qui se passait. Je voulais convaincre les autres que cette vie-là était possible, et le cinéma est plus convaincant que la bande dessinée. »

Gébé1

 

« Vite fait, bien musiqué, L’An 01 est plus fort, plus convaincant que le dessin. Au-delà du canular, rapidement, la réflexion pointe. Dans la douceur, dans l’humour gentil, grinçant, horrible. Symptomatique de ce besoin de bonheur que chantaient, entre autres, les Beatles, L’An 01 est une idée, une idée force. »

Michel Grisolia2

 

« L'idée qu'on peut faire la "révolution" en esquissant un pas de côté (scène reprise dans le film) est exprimée par le mot d'ordre "On arrête tout". Ce geste de refus qui commande toute la suite est littéralement de l'ordre du "principe" au double sens du mot : début et postulat. »

Alain Deligne3

 

« Le film invite à désamorcer les habitudes, à suspendre un temps tout divertissement endormant la conscience, et à prendre la mesure des pénibilités, des contraintes, à se poser la question du prix ou bénéfice de ces contraintes, à prendre un peu de distance. Alors on pense que la vie ainsi contrainte n’est peut-être rien d’autre qu’une vie de servitude, bien absurde à bien des égards. »

Mériam Korichi4

  • 1. Jacques Siclier, « Utopie: Jacques Doillon et Gébé, la subversion douce de L’An 01, » Le Monde, Février 1973.
  • 2. Michel Grisolia, Cinéma 73, April 1973.
  • 3. Alain Deligne, « L’An 01 de Gébé : une utopie contestataire et régulatrice, » Recherches contemporaines, nr. 23, 1998.
  • 4. Mériam Korichi, « On arrête tout ? – sur L’An 01 de Doillon, Gébé, Resnais et Rouch, » AOC, Mars 2020.
Fri 23 Sep 2022, 19:30
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FILM

Based on a comic strip that was published in the French satirical magazine Charlie Hebdo, L’an 01 is a utopian exploration of a world in which the market economy has been abandoned. The entire population has agreed on two resolutions: “let’s stop everything” and “after a period of total stoppage, let'’s bring back – reluctantly – just the services and products we can’t do without.” When money has become worthless, unbridled production is replaced by meaningful forms of creation.

 

« Ce n’est pas vraiment une transposition. Les bandes, le film, cela marchait ensemble. Le film est allé plus loin. Il provoque une prise de conscience à partir d’individus qui refusent quelque chose. Un beau matin, ils ne bougent plus comme d’habitude. On arrête tout, on regarde les autres, on se rapproche, on se parle. L’idée s’étale, devient évidente, naturelle. Le monde n’est plus le même. Quand j’ai écrit le scénario, j’essayais de voir ce qui se passait. Je voulais convaincre les autres que cette vie-là était possible, et le cinéma est plus convaincant que la bande dessinée. »

Gébé1

 

« Vite fait, bien musiqué, L’An 01 est plus fort, plus convaincant que le dessin. Au-delà du canular, rapidement, la réflexion pointe. Dans la douceur, dans l’humour gentil, grinçant, horrible. Symptomatique de ce besoin de bonheur que chantaient, entre autres, les Beatles, L’An 01 est une idée, une idée force. »

Michel Grisolia2

 

« L'idée qu'on peut faire la "révolution" en esquissant un pas de côté (scène reprise dans le film) est exprimée par le mot d'ordre "On arrête tout". Ce geste de refus qui commande toute la suite est littéralement de l'ordre du "principe" au double sens du mot : début et postulat. »

Alain Deligne3

 

« Le film invite à désamorcer les habitudes, à suspendre un temps tout divertissement endormant la conscience, et à prendre la mesure des pénibilités, des contraintes, à se poser la question du prix ou bénéfice de ces contraintes, à prendre un peu de distance. Alors on pense que la vie ainsi contrainte n’est peut-être rien d’autre qu’une vie de servitude, bien absurde à bien des égards. »

Mériam Korichi4

  • 1. Jacques Siclier, « Utopie: Jacques Doillon et Gébé, la subversion douce de L’An 01, » Le Monde, Février 1973.
  • 2. Michel Grisolia, Cinéma 73, April 1973.
  • 3. Alain Deligne, « L’An 01 de Gébé : une utopie contestataire et régulatrice, » Recherches contemporaines, nr. 23, 1998.
  • 4. Mériam Korichi, « On arrête tout ? – sur L’An 01 de Doillon, Gébé, Resnais et Rouch, » AOC, Mars 2020.